Chargement
Temps de lecture : 8 minutes
Les domaines viticoles accueillent une clientèle qui se renouvelle. Les 25-40 ans, issus des millennials et de la génération Z, forment un nouveau profil visiteur œnotourisme millennials Gen Z, avec des attentes très différentes de celles de leurs aînés. Ils veulent vivre une expérience, comprendre ce qu’ils boivent, vérifier les engagements du domaine et partager ce moment avec leur entourage.
Comprendre le profil visiteur œnotourisme millennials Gen Z devient donc un enjeu commercial pour les directeurs d’exploitation et les responsables œnotourisme. Voici une analyse de ces attentes, appuyée sur des études récentes, et des pistes concrètes pour adapter votre offre en 2026.
Les millennials, ou génération Y, sont généralement nés entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990. La génération Z regroupe les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. Ces deux publics partagent des points communs, mais leur rapport au vin n’est pas le même.

Une étude présentée dans le cadre des travaux de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), menée auprès de 32 800 consommateurs dans sept marchés, identifie les millennials comme le cœur actuel de la consommation de vin. La génération Z y apparaît comme une génération en progression rapide. Les millennials disposent désormais d’une maturité financière et privilégient les expériences aux biens matériels, ce qui en fait un public prioritaire pour l’œnotourisme.
La génération Z, elle, commence tout juste à fréquenter les domaines. Une étude conduite auprès d’étudiants d’Europe centrale montre que la majorité d’entre eux estiment avoir un niveau de connaissance du vin moyen et achètent encore principalement en grande distribution. Ce public est donc à éduquer et à convertir, davantage qu’un segment déjà connaisseur.
La réponse est oui, mais différemment. Leur intérêt passe moins par la collection de bouteilles que par la découverte, la convivialité et le sens. Les jeunes adultes s’intéressent au terroir, aux cépages, à la vinification et aux choix environnementaux du domaine.
Ils sont aussi plus ouverts aux nouvelles catégories : selon la même étude de l’OIV, 50 % des répondants de la génération Z se déclaraient favorables aux vins à faible teneur en alcool en 2024. Le tourisme viticole des jeunes adultes reste donc un marché réel, à condition de lui proposer des formats adaptés.
Pour concevoir une offre pertinente, il est utile de comparer les deux générations sur les critères qui influencent la décision de visite. Le tableau ci-dessous synthétise les tendances observées dans les études disponibles.
| Critère | Millennials | Génération Z |
|---|---|---|
| Motivation principale | Expérience, découverte et convivialité | Expérience, information et partage social |
| Rapport au vin | Consommateurs centraux du marché | Public émergent, encore peu expert |
| Attente pédagogique | Comprendre le terroir et la production | Information claire, visuelle et qualitative |
| Sensibilité environnementale | Forte préférence pour les domaines responsables | Sensibilité élevée, arbitrée avec le prix et la commodité |
| Influence sociale | Amis et famille très importants | Amis, famille et contenus sociaux déterminants |
| Critères pratiques | Qualité de l’expérience, authenticité, prix | Prix, accessibilité, esthétique, facilité de réservation |
| Formats adaptés | Ateliers, gastronomie, vendanges, visites immersives | Formats courts, interactifs, numériques et participatifs |
Ce comparatif montre que le comportement des millennials dans l’œnotourisme est déjà structuré autour de l’expérience, tandis que la génération Z attend davantage d’accompagnement, d’accessibilité et de fluidité numérique.
Que recherchent les millennials dans une visite de domaine viticole ? D’abord une expérience. Une analyse du marché des wineries urbaines indique que 71 % des millennials et des membres de la génération Z privilégient les achats expérientiels, comme les dégustations et les ateliers, plutôt que les biens traditionnels. Une dégustation classique au caveau, où l’on présente des bouteilles les unes après les autres, attire donc moins qu’une dégustation scénarisée qui combine découverte, apprentissage et convivialité.
L’œnotourisme expérientiel repose sur un fil conducteur : une histoire, un lieu, une rencontre. Les recherches universitaires françaises sur le tourisme viticole insistent sur l’importance de l’authenticité. Les jeunes visiteurs veulent comprendre l’histoire du domaine, ses méthodes de production et la philosophie du vigneron.
La rencontre avec le vigneron et l’accès aux coulisses, comme la visite de cave et de chai, comptent parmi les leviers d’attractivité les plus forts. Le storytelling du domaine doit raconter un territoire, pas seulement un produit.
Les formats les plus appréciés sont ceux qui invitent à participer. L’atelier d’assemblage, qui permet de créer sa propre cuvée, en fait partie. Les vendanges participatives, les accords mets-vins, le pique-nique dans les vignes, les balades à vélo ou les événements culturels répondent aussi à cette attente. Ces activités œnotouristiques originales ont un point commun : elles se vivent à plusieurs.
L’étude de la filière viticole de Caroline du Nord souligne que les amis et la famille jouent un rôle particulièrement important dans les décisions des millennials et de la génération Z. Le visiteur jeune vient rarement seul. Il réserve en couple ou en groupe et attend une activité propice aux échanges.
Une offre de groupe bien construite, avec un tarif clair, transforme cette dynamique en levier de réservation. La recommandation de l’entourage reste le premier canal de prescription pour ces générations.
Bon à savoir
Combiner plusieurs activités dans un même forfait, par exemple une visite, un atelier et un repas, augmente la valeur perçue et le panier moyen. Nous détaillons cette approche dans notre article sur le packaging multi-activités.
Une grande partie des visiteurs de la génération Z découvre le vin. Un discours trop technique peut les mettre mal à l’aise et freiner l’achat en fin de visite. La dégustation de vin pour débutants doit donc reposer sur un vocabulaire accessible pour les non-experts, des repères visuels et un accompagnement étape par étape.
Concrètement, une dégustation d’initiation peut commencer par les bases : regarder, sentir, goûter. Elle peut ensuite relier chaque vin à un cépage, à une parcelle ou à un choix de vinification, avec des explications simples. Les supports visuels, comme une carte du vignoble ou une roue des arômes, rendent l’apprentissage concret. L’objectif est que le visiteur reparte avec le sentiment d’avoir progressé, sans s’être senti jugé.
Une recherche française consacrée à la génération Z et à la réalité virtuelle dans une coopérative vitivinicole de Gaillac montre que cette génération attend une information plus qualitative dans les parcours œnotouristiques. La réalité virtuelle peut donner accès aux étapes de production ou à des espaces difficilement visitables, comme le travail de la vigne en hiver. Elle reste pertinente lorsqu’elle complète la rencontre humaine, sans la remplacer.
Pourquoi la durabilité est-elle importante pour les visiteurs Gen Z ? Parce qu’elle fait partie de leurs critères de choix. Les millennials et la génération Z manifestent un intérêt marqué pour la viticulture biologique, la biodiversité du vignoble, la préservation des sols et les démarches responsables. L’œnotourisme durable des millennials se traduit par une attente de cohérence entre le discours et les pratiques.

Attention toutefois aux raccourcis. Un article publié dans le Journal of Sustainable Tourism rappelle que la génération Z ne doit pas être considérée comme automatiquement durable. Ses intentions écologiques peuvent varier selon le prix, la commodité et la qualité de l’expérience. Les visiteurs attendent par ailleurs une approche globale de la responsabilité, qui intègre l’environnement, les conditions de travail, le territoire et l’économie locale.
La solution consiste à apporter des preuves concrètes. Les certifications comme le label Agriculture biologique (AB) ou la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) constituent des repères lisibles. Vous pouvez aller plus loin en expliquant votre gestion de l’eau, vos actions en faveur de la biodiversité, vos choix énergétiques, vos emballages ou vos achats locaux. La transparence et les preuves d’engagement environnemental rassurent davantage que des arguments génériques sur l’écologie.
L’évolution des habitudes de consommation invite aussi à repenser le contenu des dégustations. Intégrer des vins à faible teneur en alcool, des vins sans alcool ou un moment d’échange sur la modération permet d’accueillir les visiteurs qui conduisent, ceux qui consomment peu et ceux qui sont simplement curieux de ces nouvelles catégories.
Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans le choix d’un domaine viticole ? Un rôle central dans la phase d’inspiration. Les analyses du marché des wineries urbaines identifient l’esthétique des lieux comme un facteur important pour les jeunes visiteurs. L’architecture, les paysages, les chais, les tables de dégustation et la scénographie participent à la décision de visite.
Les espaces photogéniques ne sont pas un gadget. Un coin de vue sur les vignes, une table dressée avec soin ou une signalétique soignée incitent les visiteurs à publier des photos. Ce contenu généré par les visiteurs devient alors un levier d’acquisition organique, car il circule précisément dans les cercles d’amis qui influencent les décisions. Nous avons détaillé les bonnes pratiques sur Instagram dans un article dédié.
Une fois l’envie créée, la conversion se joue sur mobile. La génération Z utilise naturellement les outils numériques pour se renseigner, comparer les expériences et vérifier les modalités de réservation. La qualité des informations présentées en ligne fait donc partie de l’expérience elle-même.
Une page de visite efficace répond à toutes les questions avant même qu’elles ne soient posées. Voici les éléments à faire figurer pour faciliter la réservation en ligne sur mobile :
Une confirmation automatique envoyée juste après la réservation rassure le visiteur et réduit les oublis.
Comment attirer les millennials dans un domaine viticole, et comment attirer la génération Z dans l’œnotourisme ? Les deux publics se rejoignent sur l’essentiel, mais la segmentation des visiteurs permet d’affiner l’offre.

Les études font ressortir quatre profils : le visiteur novice, qui a besoin d’une première expérience simple et rassurante, le visiteur expérientiel, qui recherche un moment original, le visiteur engagé, attentif aux pratiques du domaine, et le visiteur social, qui vient en groupe et partage ses contenus.
À partir de ces profils, plusieurs adaptations concrètes peuvent être mises en place :
Le prix mérite une attention particulière. L’étude menée auprès des étudiants d’Europe centrale montre que le goût, l’odeur et le prix figurent parmi les facteurs les plus déterminants dans le choix d’une bouteille. Des paliers de prix clairs permettent d’accueillir un jeune visiteur avec une formule d’entrée, puis de l’amener vers une expérience plus riche lors d’une prochaine visite.
Le pricing dynamique peut aussi aider à remplir les créneaux creux en semaine.
À retenir
Les données disponibles sur ces générations sont surtout internationales. Croiser ces tendances avec vos propres données de réservation, comme l’âge, la taille des groupes ou les formules choisies, reste le meilleur moyen de valider vos choix.
Les millennials et la génération Z ne rejettent pas le vin, ils le découvrent autrement. Ils attendent une expérience immersive, une pédagogie accessible, des engagements prouvés, une esthétique soignée et une réservation simple depuis leur téléphone.
Les domaines qui adaptent leurs formats, leurs prix et leur parcours numérique à ces attentes se donnent les moyens de fidéliser une clientèle qui comptera pour les années à venir. Chez GDO.wine, nous accompagnons les domaines dans la mise en ligne et la gestion de leurs expériences pour rendre cette transition plus fluide.
Les études indiquent une préférence de la génération Z pour les formats courts et interactifs. Proposer une formule découverte resserrée à côté d’expériences plus longues permet de répondre aux deux publics sans complexifier l’offre.
Ces repères facilitent la lecture de l’offre. Le label Vignobles & Découvertes, attribué par Atout France, signale une destination œnotouristique structurée, tandis que les certifications AB ou HVE donnent une preuve tangible des pratiques du vignoble.
Ce n’est pas indispensable. La recherche menée à Gaillac montre son intérêt pour expliquer les étapes de production, mais elle doit compléter la rencontre humaine. Un domaine peut commencer par des supports visuels simples avant d’envisager un tel investissement.
La collecte des coordonnées lors de la réservation permet d’envoyer ensuite des contenus pédagogiques, des invitations à des événements ou des offres de retour. Un email post-visite personnalisé entretient le lien et favorise l’achat en direct.
Oui, à condition d’encadrer l’activité et d’expliquer simplement les gestes et le calendrier de la récolte. C’est souvent une porte d’entrée efficace vers le vin pour un public novice, car elle associe nature, convivialité et apprentissage.
Champagne | Cognac | Languedoc Roussillon | Provence | Bordeaux | Rhone | Sud ouest | Calvados